|














| |
Les insectes sont les vecteurs
de nombreuses maladies transmises à l'homme de deux façons principales.
Dans le premier cas ils transportent simplement les agents infectieux et les
déposent sur des produits alimentaires ou des plaies par exemple. C'est ainsi
que sont véhiculées des maladies débilitantes comme
le choléra, la dysenterie ou la typhoïde. Le trachome,
qui peut conduire à une cécité, peut être transmis par des mouches qui se posent
sur le visage d'un enfant infecté.
Dans le deuxième cas, les insectes peuvent communiquer des maladies lorsque leur
organisme abrite des virus, des bactéries ou des parasites qu’ils transmettent
par une piqûre ou d’autres façons. Seul un faible pourcentage d’insectes
contamine les humains de cette manière. Par exemple, sur les milliers d’espèces
de moustiques qui existent, seuls les anophèles transmettent le
paludisme, la
maladie contagieuse la plus mortelle du monde après la tuberculose.
Quelques maladies transmise à
l'homme par des insectes
Le
tracthome
Le paludisme
La dengue
Le chikungunya
La fièvre jaune
La maladie du sommeil
L'onchocercose
Les leishmanioses
La peste bubonique
Le typhus
Le tracthome
Le trachome est une maladie
infectieuse des yeux qui peut provoquer une cécité après des infections
répétées. Il s'agit de la principale cause de cécité évitable au niveau mondial
et la maladie survient là où les gens vivent dans des conditions de
surpeuplement avec un accès limité à l'eau et aux soins de santé. Le trachome se
propage facilement d'une personne à l'autre et il est transmis fréquemment d'un
enfant à un autre et d'un enfant à la mère dans la famille. Habituellement,
l'infection survient la première fois durant l'enfance mais les personnes ne
deviennent pas aveugles avant l’âge adulte. La maladie progresse au fil des ans
alors que les infections répétées causent des lésions cicatricielles à
l'intérieur de la paupière, ce qui lui vaut le nom de « maladie silencieuse ».
Les cils palpébraux finissent par rentrer vers l'intérieur. Ceci cause un
frottement sur la cornée sur le devant de l’œil. La cornée subit des lésions
cicatricielles ce qui entraîne une perte de vision grave et finalement la
cécité. Par les sécrétions oculaires d'un enfant infecté, le trachome est
transmis par les mains, sur les vêtements ou par des mouches qui se posent sur
le visage de l'enfant infecté.
Le tracthome est une infection oculaire de la conjonctive et de la cornée qui se
déroule en quatre étapes :
Le tracthome folliculaire, qui constitue la primo-infection
Le tracthome inflammatoire, qui correspond à une infection devenant chronique
Le tracthome cicatriciel, qui fait suite à une hyperréactivité du système
immunitaire
Le trachiasis, qui survient en l'absence de traitement et qui correspond à une
opacification de la cornée pouvant conduire à une cécité complète.
Le trachome est causé par un
organisme appelé Chlamydia trachomatis.
Bactérie spécifique de l'homme, elle peut être à l'origine de deux types
d'infections :
des infections oculaires (tracthome) qui peuvent conduire à la cécité,
des infections urogénitales qui peuvent être la cause d'une stérilité.
Retour
Le paludisme ou malaria
Le paludisme (du mot ancien
palud, dérivé du latin palus, c'est-à-dire "marais") se joue entre trois acteurs
: le parasite qui est l'agent de la maladie, un protozoaire du genre Plasmodium
; l'insecte vecteur qui en assure la transmission, un anophèle femelle ; et
l'homme, qui est l'hôte intermédiaire du parasite.
Il existe quatre espèces de Plasmodium spécifiquement humains, dont la
pathogénie et l'évolution sont très différentes :
-
Plasmodium falciparum est
l'espèce la plus pathogène. Elle domine en Afrique. Elle est susceptible
d'entraîner la mort en se multipliant dans les micro vaisseaux de certains
organes profonds (cerveau, reins, poumons).
-
Plasmodium vivax et
Plasmodium ovale ne tuent pas, mais peuvent entraîner des rechutes 4 à 5 ans
après la primo-infection.
-
Plasmodium malariae ne tue
pas, mais provoque parfois des rechutes jusqu'à 20 ans après la
primo-infection.
Le
vecteur : un moustique femelle
Les anophèles sont des
moustiques (ordre des diptères)
appartenant au genre Anopheles, de la famille des Culicideae qui
sont responsables de la transmission du paludisme à l'homme. Les espèces
d'anophèles responsable de la transmission du parasite sont relativement
nombreuses et sévissent principalement en Afrique et en Asie, mais aussi en
Amérique intertropicale, Caraïbes comprises.
Le cycle
des Plasmodium est complexe et comporte deux étapes essentielles : un cycle
asexué, et un cycle sexué chez le moustique. L'homme est infecté lors d'une
piqûre par un anophèle femelle, qui lui injecte le parasite sous forme de "sporozoïte".
Celui-ci migre rapidement, via la circulation sanguine, vers le foie. Il pénètre
dans la cellule hépatique (hépatocyte), où il se divise très activement pour
donner naissance, en quelques jours, à des dizaines de milliers de nouveaux
parasites : les "mérozoïtes". La cellule du foie éclate en libérant ces
parasites dans le sang, qui pénètrent et se multiplient à l'intérieur des
globules rouges. Lorsque ces derniers éclatent, les "mérozoïtes" ainsi libérés
infectent de nouveaux globules rouges.
En parallèle, des cellules sexuées mâles et femelles (gamétocytes) se forment
dans le sang du sujet infecté. Lorsqu'un moustique pique un tel sujet, il ingère
ces gamétocytes, qui se transforment en gamètes. Leur fécondation engendre un
oeuf, qui se différencie en sporozoïte dans les glandes salivaires du moustique.
Un nouveau cycle peut alors commencer.
Les espèces P.vivax et P.ovale donnent parfois des rechutes tardives, 4 à 5 ans
après la primo-infection, car le parasite peut subsister sous une forme latente
("hypnozoïte") dans la cellule hépatique. Les rechutes dues à P.malariae
résultent, quant à elles, de la persistance de formes "quiescentes" dans le
réseau lymphatique.
Les
voies de contamination
Une contamination de la mère à l'enfant, par voie
transplacentaire, est également possible. En revanche, le dépistage des donneurs
permet d'éviter le risque de contamination lors d'une transfusion sanguine en
France. Cependant une contamination lors d'une greffe d'organe reste possible.
En France, la très grande majorité des cas de paludisme observés est contractée
lors d'un voyage effectué sans mesure de prophylaxie ou avec une prophylaxie
inadaptée. Nombre de cas sont liés à des retours au pays d'Africains expatriés
en France depuis des années, qui se croient encore protégés et négligent les
mesures de prophylaxie en revenant chez eux en vacances.
Toutefois, une prophylaxie parfaite est de plus en plus difficile à mettre en
place, du fait du développement de clones de P. falciparum résistant aux
différentes molécules médicamenteuses utilisées, notamment à la chloroquine.
Par ailleurs, une contamination au voisinage d'un aéroport, par un moustique
infecté importé d'un pays endémique, ne peut être exclue mais reste très
exceptionnelle.
Retour
La dengue
La
dengue et sa forme hémorragique est une maladie virale due à des virus du genre
arbovirus (c'est donc une arbovirose) et transmise à l'homme par de nombreux
vecteurs arthropodes comme les moustiques (Aedes aegypti, haemagogus et
sabethes). Les virus (quatre souches de flavivirus) de la dengue sont
transmis à l'homme par des moustiques et en particulier par les femelles
Aedes aegypti, une espèce bien adaptée à la vie urbaine surtout en milieu
tropical. Autre particularité de ce type de transmission, contrairement à la
plupart des vecteurs du paludisme, ce moustique se nourrit de préférence sur son
hôte humain au cours de la journée. Il pénètre souvent dans les habitations pour
s'y reposer et s'y nourrir, et se reproduit dans les collections d'eau ou les
réservoirs situés à proximité des habitations. En conséquence,, Aedes aegypti a
envahi les zones urbaines, suburbaines et rurales de nombreuses régions
tropicales.
La dengue ne peut être transmise par contact avec une personne infectée, ni par
le moustique vecteur de la fièvre jaune. Retour
Le chikungunya
Le
chikungunya (en abrégé, le chik) , est une maladie infectieuse tropicale, due à
un arbovirus (noté CHIKV, pour chikungunya virus), un alphavirus de la
famille des Togaviridae, transmise par des moustiques du genre Aedes. Le
nom est d'origine makondée et signifie : « qui se recourbe, qui se
recroqueville », à l'image des feuilles tombées des arbres qui se recourbent en
séchant ; la traduction de chikungunya en français signifie « maladie qui
brise les os » ou « maladie de l'homme courbé » car elle occasionne de très
fortes douleurs articulaires associées à une raideur, ce qui donne aux patients
infectés une attitude courbée très caractéristique.
La transmission du virus d'un humain malade à un moustique se fait par le
sang aspiré lors de la piqûre. La contamination d'un homme sain est réalisée par
la salive de moustiques qui ont été infectés quelques jours ou quelques semaines
auparavant. Seules les moustiques femelles piquent.
Plusieurs espèces de moustiques sont susceptibles de transmettre le
chikungunya, mais seules Aedes aegypti et Aedes albopictus ont été
à ce jour identifiées comme vecteurs épidémiques, à cause de leur adaptation aux
zones d'habitat humain. Ces mêmes espèces sont également impliquées dans la
transmission d'autres arbovirus : dengue, fièvre dengue hémorragique (DHF),
fièvre jaune, etc.
Retour
La fièvre jaune
La fièvre jaune est une maladie
virale qui fut décrite pour la première fois au milieu du XII°s au Yucatán
(Mexique). Elle est due à un arbovirus (virus transmis par un arthropode
vecteur), le virus amaril, qui a été isolé en 1927 simultanément au Ghana et au
Sénégal, à l'Institut Pasteur de Dakar. Ce virus est transmis à l'homme par des
moustiques du genre Aedes.
Le virus amaril infecte
également des singes en forêt où persiste un cycle moustique-singe-moustique
(cycle selvatique) dans lequel l'homme n'est qu'un intrus. La fièvre jaune
serait donc avant tout une zoonose, qui existait peut être depuis des milliers
d'années et qui a été transmise à l'homme lorsque celui-ci s'est aventuré en
forêt tropicale.
Après une incubation d'une
semaine, la maladie débute typiquement avec fièvre, frissons, douleurs
musculaires, maux de tête. Elle évoque alors une grippe, une dengue ou un
paludisme. Dans les formes graves, au bout de trois jours, une rémission
passagère précède l'apparition d'un syndrome hémorragique avec vomissement de
sang noirâtre (vomito negro), d'un ictère qui donne son nom à la maladie
et de troubles rénaux (albuminurie). La mort survient alors dans 50 à 80% des
cas, après une phase de délire, de convulsions, et un coma. Toutes les formes
curables laissent après elles une immunité à vie.
Il n'existe aucun traitement spécifique contre la fièvre jaune. Le repos au lit,
l'administration d'antipyrétiques, d'antalgiques, d'antiémétiques et la
réhydratation sont les seuls armes pour combattre la maladie.
Retour
La maladie du sommeil
La
trypanosomiase africaine ou maladie du sommeil est une infection parasitaire
transmise à l'homme par la piqûre de la mouche tsé-tsé ou glossine.
A la suite de leur pénétration
cutanée, les trypanosomes se multiplient localement avant de se disséminer dans
le sang et le système nerveux central déterminant une infection de l'ensemble
des structures cérébrales.
Cette maladie est dû à des parasites appartenant au genre Trypanosoma :
Trypanosoma gambiense ou Trypanosoma rhodiesense, elle est
observée en Afrique Noire.
L'incubation de la maladie est silencieuse et de durée variable (de quelques
semaines à plusieurs mois ou années). Elle s'accompagne parfois quelques jours
après la piqûre d'une lésion ressemblant à un furoncle, siégeant habituellement
sur une zone de peau découverte mais pouvant facilement passer inaperçue sur une
peau pigmentée.
Dans sa forme la plus typique,
la maladie débute par une fièvre accompagnée de polyadénopathies (ganglions
palpables). D'autres signes peuvent survenir : augmentation de volume du foie et
de la rate, éruption cutanée, accélération de la fréquence cardiaque, œdème du
visage.
Les symptômes neurologiques
apparaissent progressivement : agitation nocturne, somnolence le jour, crises
d'épilepsies, tremblements, incoordination des mouvements.
Retour
L'onchocercose
L'onchocercose ou "cécité des
rivières" est une maladie parasitaire transmise par la piqûre d'une mouche, la
simulie. L'onchocercose entraine de sérieuses lésions cutanées et dans sa phase
finale, une cécité irréversible. Plus de 15 millions de personnes sont atteintes
actuellement par la maladie dont la majorité en Afrique.
L'onchocercose est provoquée
par le ver parasite Onchocerca volvulus. Ce microfilaire ou embryon filaire vit
dans les terres fertiles le long des rivières dans lesquelles il pond ses oeufs.
La maladie est causée par la libération de ces vers microfillaires, transmis par
la simulie, dans le sang de l'homme. Ils migrent à travers l'organisme en
provoquant toute une série de symptômes : démangeaisons, dépigmentation de la
peau, prurits, lésions cutanées irréversibles et atteintes visuelles pouvant
aller jusqu'à la cécité. Les microfillaires sont transmis d'un individu à
l'autre par la piqûre de la simulie. La maladie se manifeste en général un à
trois ans après la pénétration des larves infectantes.
Retour
Les leishmanioses
La contamination humaine se
fait par piqûre d'un phlébotome (Diptères, Nématocères de la famille des
Psychodidae) qui pique le plus souvent à la tombée de la nuit et transmet le
germe dont il est vecteur d'animal à animal. C'est de façon accidentelle qu'il
le transmet à l'homme.
La piqûre du phlébotome est
douloureuse mais ne laisse pas de trace.
La transmission directe par
contact est également possible : le chien présente des leishmanies dans sa peau,
ses sécrétions nasales et oculaires ; il peut donc transmettre ses parasites à
la faveur de lésions cutanées de l'enfant ou de l'adulte.
Il existe trois formes :
-
La leishmaniose viscérale
(kala-azar) ;
-
La leishmaniose cutanée ;
-
La leishmaniose
cutanéo-muqueuse (espundia).
La leishmaniose viscérale ou
kala-azar sévit à l'état endémique en Asie (Inde, Chine), en Amérique du Sud, en
Afrique et sur le pourtour méditerranéen. L'incubation est longue de 1 à 6 mois.
Les symptômes sont une fièvre avec altération de l'état général, perte
d'appétit, amaigrissement, météorisme (ballonnement) abdominal. La pâleur
cutanéo-muqueuse donne au malade un teint cireux et blafard. L'examen clinique
met en évidence une rate et un foie augmentés de volume et une hypertrophie des
ganglions.
Sans traitement, l'évolution est mortelle avec hémorragies diffuses,
surinfection et défaillance cardiaque.
Les leishmanioses cutanées
sévissent dans tout le bassin méditerranéen : Crète, Italie du Sud, Sicile,
Espagne, Midi de la France, Afrique du Nord, Moyen-Orient, Afrique Noire, Asie
("clou de Jéricho", "bouton d'Annam", "bouton d'Orient", bouton de Biskra).
La transmission est semblable à celle du kala-azar. L'incubation est de durée
variable (1 semaine à 1 an). Au point d'inoculation apparaît une macule foncée
prurigineuse, se transformant en papule puis en nodule de 2 cm de diamètre. La
lésion squameuse est indolore et repose sur une base indurée. Dans la forme
sèche, tout en reste là. Parfois le nodule s'ulcère et suinte. La surinfection
est fréquente. L'évolution spontanée se fait vers la guérison très lente. Le
diagnostic différentiel se pose avec une pyodermite ou une mycose cutanée.
Les leismanioses
cutanéo-muqueuses se voient en Amérique, du Texas à l'Argentine. Les lésions
cutanées sont ulcéreuses et très mutilantes.
Retour
La peste bubonique
La peste bubonique résulte de
la piqûre d’un insecte, le plus souvent la
puce du rat Xenopsylla cheopsis,
ou la puce de l'humain, à l'occasion (Pulex
irritans).
Le bacille, introduit dans l’organisme à ce moment-là, migre vers le ganglion le
plus proche par le biais du système lymphatique. Il y déclenche une inflammation
puis la formation du bubon, qui constitue la réaction à l’invasion de
Yersinia pestis,
le bacille de la peste.
La peste septicémique survient
lorsque l’infection se propage directement dans la circulation sanguine. Cette
forme est généralement mortelle en l’absence d’antibiothérapie.
La peste pulmonaire survient
lorsque le bacille infecte les poumons. Le taux de létalité est également très
élevé.
Retour
Le typhus
Il ne doit pas être confondu
avec la fièvre typhoïde qui est causé par une bactérie, Salmonella enterica.
Il existe trois type de typhus
:
Typhus à poux
Le typhus à poux est
causé par des déficiences sanitaires et est responsable d'épidémies lors
de guerres ou de désastres naturels. L'organisme responsable est le
Rickettsia prowazekii, transmis par le
pou de l'homme (Pediculus
humanus corporis). Les symptômes sont : maux de tête, fièvres,
sensations de froid, épuisement et éruptions cutanées. Cette forme de
typhus est présente dans les pays tempérés et y porte différents noms :
fièvre des prisons, fièvre des famines, fièvre des
hôpitaux ou fièvre des bateaux parce qu'elle devient répandue
lorsque les conditions sanitaires sont mauvaises et que la population
est très dense ; comme dans les prisons et à bord des bateaux.
Maladie de Brill-Zinsser
La maladie de
Brill-Zinsser est un type de typhus épidémique également provoqué par la
bactérie Rickettsia prowazekii mais que se produit après une
longue période de latence. Moins grave que le typhus à poux, il s'agit
en fait d'une rechute de ce dernier provoquée par la présence des
bacilles de rickettsia dans les organismes des malades, notamment
dans les ganglions lymphatiques.
Typhus murin ou typhus à puces
Le typhus murin
provoquée par la bactérie
Rickettsia typhi et se développe dans les pays tropicaux et
subtropicaux. Il est transmis par la puce du rat, la
Xenopsylla cheopsis ; ou plus rarement par Rickettsia felis
transmis par des puces portées par des chats ou des opossums. Les
symptômes sont entre autres: maux de tête, fièvre, sensation de froid,
douleurs aux articulations, nausées, vomissement et toux.
Retour
|